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L’Observatoire linguistique présente son service public sur les langues du monde.

La Dame de Brassempouy
Persona
loquens sapiens

The Observatoire presents its public information service on the world’s languages

Le Répertoire de la linguasphère

des langues et communautés linguistiques du monde (texte en anglais)

The Linguasphere Register
The Linguasphere Register

The Linguasphere Register

of the world’s languages and speech communities

Préface bilingue

au Répertoire de la linguasphere 1999/2000
par
Professeur émérite Roland Breton
Université de Paris (Vincennes-St.Denis)

Bilingual Preface

to the Linguasphere Register 1999/2000
by
Emeritus Professeur Roland Breton
Université de Paris (Vincennes-St.Denis)

Ce Répertoire des langues et des communautés linguistiques est un produit du programme Linguasphère, mis en chantier par l'Observatoire Linguistique (Linguasphere Observatory).

Il faut souligner, d'emblée, que ce travail volumineux de 700 pages, accompagné d'un volume d'Introduction, est la réalisation, d'un seul homme, David Dalby, qui l'a porté à bout de bras, comme il a su énoncer et étayer l'idee de la Linguasphère, et comme il est resté, jusqu'à présent le pilier de l'Observatoire.

Pour ceux qui le connaîtraient mal, disons que David Dalby s'est consacré, depuis cinquante ans, à l'étude comparative des langues. Parti des langues européennes (en commençant par l'allemand médiéval) puis passé aux langues africaines (en culminant avec la Carte des Langues d'Afrique), il s'est acheminé vers la construction graduelle de la présente classification générale des langues et des communautés de locuteurs du monde.

Son système référentiel planétaire diffère des classifications précédentes de plusieurs façons. Premièrement, il est bien plus détaillé, tant pour les petits idiomes ruraux que pour les prestigieuses langues écrites.

Deuxièmement, il est centré, non pas sur la construction d'hypothèses autour de la préhistoire linguistique de l'humanité, mais sur la conception d'une vision nouvelle des langues du monde comme un continuum dynamique de communication moderne, la linguasphère.

Troisièmement, et c'est le plus important, David Dalby est soucieux de présenter l'usage des langues comme un moyen d'identification sociale et sociétale, comme le cadre de la survie de milliers de communautés linguistiques interdépendantes. Le Répertoire de la Linguasphère, lancé pour marquer la fin du XXe siècle, fournit la première classification de la société planétaire en termes de communautés ancestrales de langue se chevauchant, plutôt qu'en termes d'États-nations, modernes et rigides.

Il était normal que le travail de construction du Répertoire de la Linguasphère, soit essentiellement tombé sur les épaules d'une seule personne, parce que c'était la seule façon de garantir une approche commune aux langues de toutes les parties du monde, à travers l'établissement d'un système fonda-mentalement planétaire.

À partir de là, néanmoins, la tâche d'améliorer et d'étendre le Répertoire de la Linguasphère devient une œuvre collective, et il incombe aux membres des communautés ethno-linguistiques du monde entier d'assurer que l'information présentée sur leurs langues propres soit à la fois correcte dans tous ses détails et aussi complète que possible.

Afin qu'un processus planétaire de documentation et de recherche puisse être lancé parallèlement à ce Répertoire, un réseau de recherche connu comme l'Observatoire Linguistique, ou the Linguasphere Observatory, a été créé depuis les quinze dernières années à partir de la France et du Pays de Galles, et bientôt de l'Inde. En tant que «plateforme de prospection de l'espace cybernétique» indépendante, cet Observatoire est maintenant accessible partout sous la forme d'un site électronique informatique www.linguasphere.org

Et le réseau planétaire de l'Observatoire pour la collecte, l'échange et la distribution de données sur les langues et communautés de locuteurs du monde est en voie d'être activé en 2000 linguasphere.info.

D'importance fondamentale dans l'établissement de l'Observatoire Linguistique a été son indépendance vis-à-vis de toute affiliation gouvernementale, politique ou religieuse, comme de tout intérêt commercial. Sa capacité à servir de lieu de rencontre transnational et de centre dispensateur de ressources ouvert, pour la discussion et la documentation sur les stratégies linguistiques et communicationnelles au XXIe siècle dépendra de la qualité, de l'indépendance et du caractère informel de ses services, plutôt que du prestige et de la complexité d'une structure formelle.

Dans la mesure qui concerne le rédacteur du Répertoire et directeur fondateur de l'Observatoire, la tâche présentée ici marque l'achèvement d'un voyage de découverte. Ce voyage a été un parcours personnel pour dépister les réalités de cette linguasphère que David Dalby décrit personnellement comme «le système planétaire de la parole humaine, créé, enmagasiné et transmis par le réseau cérébral de l'humanité, et composé des mots, des sons et des règles de toute langue et de la voix et de l'esprit de chaque personne».

Dans sa dernière étape, son voyage fût une course accélérée contre le temps, une course pour achever et publier cette édition-cadre du Répertoire de la Linguasphère avant le 1er janvier 2000.

Bien sûr il n'y a rien d'essentiel dans cette échéance. Ce n'est qu'un accident de l'histoire culturelle qui aurait mathématiquement dû plutôt être fixé au 1er janvier 2001. Mais, d'autre part, puisque l'ouverture de l'an 2000 est considérée comme un «nouveau départ» dans beaucoup de communautés de par le monde, elle peut donc être regardée comme la date symbolique marquant la transition pour l'humanité vers une nouvelle ère de communication planétaire - et, même, pourquoi pas ? - de paix, de justice, d'équilibre entre pouvoirs, de sauvegarde de la biosphère et de meilleur développement de toutes les communautés composant l'humanité.

La publication du Répertoire de la Linguasphère serait ainsi directement liée à la façon dont nous entendons nous adapter à cette nouvelle ère, tant en fonction de son héritage culturel si complexe qu'en tablant sur ses possibilités et opportunités escomptées indéniablement plus ouvertes que par le passé.

L'entreprise monumentale que je me réjouis de présenter est donc le fruit des exceptionelles capacités de travail et de persévérance d'un homme qui a su se lancer dans cette tâche immense attendue depuis longtemps.

Car il s'agit là d'un projet qui touche tant de chercheurs et répond à la demande d'un public si vaste qu'on s'étonne qu'il n'ait pas été énoncé plus tôt. De même que l'on peut déplorer que l'ampleur du sujet n'ait pas encore mobilisé la participation d'un plus grand nombre de personnes et d'institutions.

Et, pourtant, nous en sommes bien là: la classification et la cartographie des langues du monde entier n'avaient encore jamais été projetées, organisées, programées par quiconque et par quelque organisme compétent que ce soit.

C'est donc à la veille du XXIe siècle qu'il a fallu que l'Unesco comprenne que ce vide scientifique surprenant devait être méthodiquement comblé. Pour que l'on puisse avoir, enfin, une première vision précise, systématiquement nourrie, établie, quantifiée et cartographiée du paysage multiple et mouvant que forme l'ensemble des langues du monde. Paysage dont tant d'entre nous avaient acquis de si nombreuses visions précises et émis tant d'images valables...

Mais toujours, dans le détail: à l'échelle de portions plus ou moins grande de la planète, sans que personne ne se soit attaché à fournir ce kaléidoscope exhaustif que le public souhaite et attend. La parution du Répertoire de la Linguasphère - avec son index mondial des langues et des communautés - constitue, donc, une grande première qui interpelle la critique de l'ensemble de la communauté des sciences humaines.

La mise en chantier du produit complémentaire du programme Linguasphère, la Base Cartographique des Langues du Monde, à établir à partir d'un SIG/GIS (Système Informatique Géographique) original - sollicite la collaboration de tous ceux qui estiment que le temps est venu de parachever méthodiquement cette couverture planétaire.

La synthèse est, certes, un art difficile et critiqué, qui dissuade particulièrement d'être tenté: elle ne garantit pas ces avances graduelles de la connaissance, point par point, qui rassurent tant le chercheur réalisateur de monographies. Car elle bute sans arrêt sur des constats de lacune. Elle est, par là, d'autant plus délaissée et récusée, et, même, apparamment condamnable, qu'elle prétend porter sur une somme non complète de connaissances, dont beaucoup sont partiellement en cours d'élaboration; parce que, ainsi, elle s'efforce de devancer un achèvement projeté, une finition encore hors de portée.

Est-ce bien raisonnable de vouloir donner une vue d'énsemble de milliers de langues dont certaines sont, à ce jour, indéchiffrées, d'autres, inconnues, et dont tant ne sont localisées précisément ni dans l'espace ni dans l'humanité? de donner un catalogue comportant encore tant de zones d'ombres et d'incertitudes? David Dalby a répondu résolument que oui et que c'est ainsi, justement, que l'on fera le mieux reculer l'ombre et se dissiper l'incertitude. Et il a tenté, et apparamment gagné: fournir un tableau complet des langues du monde.

Car ce tableau qu'il présente en toute modestie, c'est, avant tout celui de l'état de la question. Pour la planète entière, certes, et pour toutes les langues, car telle est l'ambition du projet. En rassemblant tous les éléments de repérages, linguistiques, géographiques et démographiques et en fournissant une clé universelle de classification où chaque parler et chaque communauté linguistique peut trouver aisément sa place.

Et, bien sûr, en laissant le champ libre pour tous les compléments à venir et en appelant instamment chacun à proposer tous les nécessaires amendements. Car ce Répetoire de la Linguasphère est aujourd'hui un premier bilan mais ouvert à de perpétuelles améliorations.

Le chantier Linguasphère ne sera jamais fermé car, non seulement la scène linguistique est loin d'être intégralement explorée, mais le serait-elle que les situations linguistiques resteraient animées par leur perpétuelle dynamique, tant quant aux faits de langues eux-mêmes, que quant aux répartitions parmi les hommes et dans l'espace.

La tâche accomplie par David Dalby est une invite permanente aux contributions de tous, chercheurs et institutions de tous pays, afin de mettre à la disposition de chacun l'outil vraiment universel que le Répertoire a mission de devenir de plus en plus.

This Register of the World's Languages and Speech Communities is a product of the Linguasphere programme, initiated by the Observatoire Linguistique (Linguasphere Observatory).

It must be stressed at the outset that this encyclopedic work of 700 pages, accompanied by an introductory volume, has been carried out by one man, David Dalby, who has borne it on his own shoulders, just as the idea of the Linguasphere was his own conception and development, and just as he has remained, up till now, the rock on which the Observatory stands.

For those who may not know him well, we should say that David Dalby has devoted himself for the last fifty years to the comparative study of languages. From European languages (beginning with the study of medieval German) via African languages (culminating in the Language Map of Africa), he has made his way towards the gradual construction of the present general classification of the languages and speech communities of the world.

His planetary referential system differs from preceding classifications in several ways. Firstly, it is far more detailed, as much in terms of small rural idioms as of prestigious written languages.

Secondly, it is founded not on the construction of hyopotheses about humankind's linguistic prehistory, but on the conception of a new vision of the world's languages as a dynamic continuum of modern communication, the linguasphere.

Thirdly, and most importantly, David Dalby is careful to present the use of languages as a means of social and communal identification, as the framework for the survival for thousands of interdependent linguistic communities. The Linguasphere Register, launched to mark the end of the 20thcentury, provides the first classification of planetary society in terms of overlapping ancestral speech communities, rather than of modern, rigid nation-states.

It is natural that the work of constructing the Linguasphere Register should have fallen essentially on the shoulders of one person, since this was the only way of guaranteeing a common approach towards the languages of all parts of the world. This has been achieved through the creation of a fundamentally planetary system.

From here on, nevertheless, the task of improving and extending the Linguasphere Register becomes a collective task, and it becomes the responsibility of members of ethno-linguistic communities throughout the world to ensure that the information presented on their own languages is both correct in all its details and as complete as possible.

So that a planetary process of documentation and research may be launched in parallel to this Register, a research network known as the Observatoire Linguistique or Linguasphere Observatory, has been created over the last fifteen years from bases in France and Wales, and soon also in India. As an independent "viewing platform in cyber-space", this Observatory is now accessible everywhere in the form of a website www.linguasphere.org

And the Observatory's global network for the collection, exchange and distribution of data on the languages and speech communities of the world is being activated in the year 2000 with the address linguasphere.info

Of fundamental importance in the establishment of the Linguasphere Observatory has been its independence from any governmental, political or religious ties, and from any commercial interest. Its capacity to serve as a transnational meeting-place and open resource centre, for the discussion and documentation of linguistic and communicational strategies in the 21stcentury will depend on the quality, independence and informal nature of its services, rather than from the prestige or complexity of any formal structure.

As far as the compiler of the Register and founding director of the Observatory is concerned, the task presented in this volume marks the completion of a voyage of discovery. This has been a personal journey to track down the realities of the linguasphere, which David Dalby describes as "the global system of human speech, created, stored and relayed within the cerebral network of humankind, embracing the words, sounds and rules of every language and the voice and mind of each person".

In its last stages, his voyage has become a quickening race against time, a race to complete and publish this framework edition of the Linguasphere Register before the beginning of the year 2000.

Of course there is nothing fundamental about this date. It is only an accident of cultural history which from a mathematical standpoint would have been better celebrated on 1stJanuary 2001. But on the other hand, since the opening of the year 2000 is considered as a "new beginning" in so many communities around the world, it can be regarded as the symbolic date marking humankind's entry into a new era of global communication – even, and why not? – of peace, justice, an equitable balance of powers, preservation of the biosphere, and improvement in the development of all the communities which make up humankind.

The publication of the Linguasphere Register may thus be linked directly to the way in which we intend to adapt ourselves to this new era, in relation not only to its complex cultural heritage, but also to the possibilities and opportunities which can now, undoubtedly, be expected to open up more than ever in the past.

This monumental enterprise, which I am delighted to present, is the result of the quite exceptional capacity for work and perseverance of a man who has been able to devote himself to this enormous and long awaited task.

For this is a project which concerns so many researchers and responds to a demand from such a wide audience that one is surprised it has not been embarked upon before. Just as one may regret that the breadth of the subject should not have impelled a greater number of people and institutions to take part in it.

Nevertheless, this is where we now are: no other individual or competent organisation had until now planned, organised or prepared the classification and cartography of all the world's languages.

It is on the eve of the 21stcentury that Unesco has come to understand that this amazing scientific void needs to be systematically filled, so that we may at last have a first detailed picture of the complex and shifting landscape that is the totality of the world's languages - a vision developed, established, quantified and mapped out with precision and method. Many of us had achieved a variety of detailed views of this landscape, and produced many worthwhile perspectives…

But these were always fragmented, relating to greater or lesser sections of the planet, and without anyone managing to supply the complete kaleidoscope which the public has desired and awaited. The appearance, therefore, of the Linguasphere Register of the world's languages - together with its index of languages and communities - constitutes a great “first”, which demands the critical attention of the whole human science community.

The recently initiated complementary product of the Linguasphere programme, the Mapbase of the World's Languages, is being established on the basis of an original GIS (computerised Geographical Information System), and constitutes an invitation to all who consider the time has now come for its global coverage to be completed systematically.

The art of synthesis is both difficult and controversial, which puts people off from attempting it. It does not guarantee those gradual, step-by-step advances in knowledge which are so reassuring for the researcher writing monographs. For creating a synthesis means constantly bumping up against gaps in our information. Hence that art is all the more neglected and disputed, and even, it would seem, reprehensible, since it lays claim to treat an incomplete range of knowledge, many elements of which are only partly worked out; and since in this way it strives to anticipate a projected goal, a completed state which is still out of reach.

Is it indeed reasonable to give an overview of thousands of languages, some of which are still to be deciphered, while others are unknown, and of which so many are not confined to a precise location in space or population? Or to publish a catalogue that still includes so many shadowy and uncertain areas? David Dalby has given a firm and positive answer, affirming that this is precisely the way in which the shadows can best be dispelled, and the uncertainties cleared up. And so he has tried, and evidently succeeded, in providing a complete picture of the world's languages.

For the picture he is offering us in all modesty is, above all, a presentation of the state of the art, covering the whole planet in fact and all languages - for such is the scope of the project. He has brought all the elements together in terms of linguistic, geographical, and demographic reference points, thus providing a universal key to classification in which every form of spoken language and every linguistic community can readily find its place.

And, of course, by leaving the way open for any future additions, and by calling on everyone to suggest any necessary amendments. For the Linguasphere Register today is a first assessment, open to continual improvements.

The Linguasphere construction site will never be closed: for not only is the linguistic scene far from having been completely explored, but - even if it had been - linguistic situations would continue to be driven by their own ceaseless dynamic, as much with regard to linguistic facts themselves, as to their human and spatial distribution.

The task carried out by David Dalby is a standing call for contributions from all, researchers and institutions throughout the world, so that everyone may have access to the truly universal tool which, progressively, the Register has set itself to become.

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